Rapport économique et social 2020

Avec une chute du PIB de 8,3 %, l’année 2020 est marquée par une rupture économique inédite. Le travail temporaire, secteur particulièrement sensible à la conjoncture, a, dans ce contexte, reculé de 23,6 %. 

Si les deux premiers mois de l’année se sont inscrits dans la continuité des tendances de 2019 (avec une baisse d’environ 5 %), la crise sanitaire survenue à la mi-mars a fait plonger l’intérim. En quelques jours, le nombre d’intérimaires en mission s’est effondré (- 65 %), restant ensuite tout au long du premier confinement bloqué aux alentours de - 50 %. Le « déconfinement » en mai a conduit mécaniquement à une amélioration de la situation (- 20,9 % au troisième trimestre) puis à un redressement lent et progressif. Toutefois, les incertitudes liées à la pandémie n’ont pas permis de reprise franche en fin d’année (- 12,1 % au quatrième trimestre). 

En dépit de cette crise historique, les agences d’emploi ont adopté une attitude résolument volontariste, tournée vers l’avenir et positionnée en faveur d’une reprise rapide. Avec plus de 10 000 agences en fin d’année 2020, celles-ci ont maintenu leur capacité d’action. Avec le CDI intérimaire, qui permet de sécuriser la situation de leurs salariés y compris pendant les périodes d’intermission, elles ont continué de développer (au rythme de 20 000 nouveaux contrats annuels) cette solution opérationnelle et originale.

L’histoire économique nous montre que les chocs conjoncturels accélèrent les mutations de l’emploi. La crise de la Covid-19 est, à cet égard, un cas d’école : elle s’est traduite par un effet différencié sur l’activité des entreprises selon leurs secteurs [...]

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Rapport économique et social 2019

L’année 2019 constitue une année de transition. Après quatre ans de progression, l’emploi intérimaire s’est contracté (- 4,4 %). La conjoncture internationale moins porteuse, les difficultés spécifiques rencontrées par le secteur industriel et tout particulièrement l’automobile, ont pénalisé cette forme d’emploi qui joue souvent le rôle de variable d’ajustement à la hausse comme à la baisse. Dans ce contexte, la tertiairisation du travail temporaire s’est accélérée, avec un secteur tertiaire qui pèse désormais davantage que l’industrie dans la structure des missions réalisées.

Parallèlement à l’intérim, l’activité de recrutement des agences d’emploi s’est maintenue à un niveau élevé avec plus de 100 000 réalisations et le CDI intérimaire, qui permet de sécuriser l’emploi entre les missions, s’est déployé au rythme de 30 000 contrats annuels. 

Les deux premiers mois de 2020 se sont inscrits dans la continuité des tendances de 2019 avant que ne survienne, à la mi-mars, la crise sanitaire liée au nouveau coronavirus. En quelques jours, l’emploi intérimaire s’est effondré (- 65 %), restant bloqué à ce niveau tout au long du confinement. Ainsi, entre la mi-mars et la fin avril, c’est l’équivalent de 475 000 emplois qui ont été détruits dans le secteur du travail temporaire, effaçant près d’un quart de siècle de croissance avec le plus bas niveau enregistré depuis 1996. Au cours de cette période, l’activité partielle a permis d’atténuer la baisse, laquelle s’est située aux alentours de - 50 %. 

Le « déconfinement » en mai a conduit mécaniquement à une amélioration de la situation, mais celle-ci demeure préoccupante : à la fin du premier semestre, seule la moitié des emplois intérimaires détruits ont été regagnés [...]

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